Deux syndicalistes CGT de la centrale EDF de Cordemais comparaissaient le mardi 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Nantes. Une manifestation de soutien devant le tribunal a rassemblé plus de 500 personnes, des militants CGT pour la plupart, mais aussi des militants de gauche parmi lesquels de nombreux communistes.
Cette comparution se déroulait suite aux événements de septembre 2024 à la Centrale électrique lorsque la direction d’EDF décidait l’abandon du projet Ecocombust 2. Cette annonce brutale, à contre-courant des orientations de transition énergétique déclarées par le gouvernement et le Président de la République, scellait le sort de la production électrique à Cordemais alors que le projet de reconversion de la centrale à la biomasse avait démontré la faisabilité et la viabilité de ce nouveau procédé de combustion. Après dix ans d’études sur le projet de reconversion, de luttes pour défendre l’emploi, la production, la souveraineté énergétique face aux règles du marché de l’électricité, l’abandon du projet sonnait comme l’anéantissement pur et simple de dix ans de travail.
La colère des salariés et des syndicalistes avait eu pour conséquence des jets de pétards dans les bureaux de la direction, sans occasionner ni dégâts matériels ni blessures graves si ce n’est des gênes auditives provoquées par l’explosion de deux pétards.
Après un premier conseil de discipline d’EDF en février dernier, c’était aux juges du tribunal correctionnel de s’emparer de l’affaire. Christophe Jouanneau, Secrétaire du Syndicat Mines et Énergie fulmine : « La lutte c’est bien ce qu’ont mené et mènent encore nos camarades de Cordemais !... Que des ouvriers se réapproprient leur production, c’est la hantise des capitalistes, voilà la cause de l’acharnement contre nos camarades… »
Pendant le jugement, la Procureure a requis 24 mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité pour Fabien Descamps et Nicolas Plagne à qui nous apportons tout notre soutien. Ce sera désormais aux juges de prononcer leur verdict le 11 décembre (NDLR : après la fin de la rédaction du journal). Face à ce réquisitoire injuste et disproportionné la lutte continue, les militants mis en cause refusent de se résigner, ils vont poursuivre le combat pour gagner leur procès, puis pour mener l’indispensable bataille pour l’avenir de la production d’électricité du pays, autour d’une entreprise 100 % publique.